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Spécial Fonds PPTE: Province du Centre, des salles de classes belles … à l’extérieur

Les salles de classe construites sur fonds PTE, ça existe. Dans les écoles du village, elles forcent l’admiration de tous : enseignants, élèves et parents. Aux côtés des bâtiments construits le plus souvent par les parents d’élèves, avec les matériaux locaux, les salles PPTE s’imposent par leur beauté extérieure. Et rien de plus. L’intérieur est vide.

Le département de la Lekié est parmi ceux, nombreux, dont les écoles primaires ont bénéficié de la construction de tels bâtiments. Un arrêt à l’école publique de Nkol-Ondoa-Ngouna, (dans un village l’arrondissement d’Obala), permet de mesurer l’effet que produit l’existence d’un bâtiment en dur, dans une école du village. « Ça crée l’émulation chez les élèves », affirme M. Mbala Napoléon Mamert, Directeur de l’école. Le Bâtiment de trois salles de classe abrite les CE2, CM1 et CM2.
Le Directeur explique comment ces classes propres, faciles à entretenir sont devenues sujets de convoitise pour les tout petit des classes inférieures qui cherchent à donner le meilleur d’eux-mêmes pour y accéder. Les parents d’élèves eux-mêmes en sont fiers pour leurs enfants. M. Ngono Paul et Mme Onguené Martine, tous membres de l’APE (association des parents d’élèves), ne cachent pas leur satisfaction à voir leurs enfants fréquenter dans cette école qu’ils disent ne pas être n’importe laquelle dans le village.
Mais apparemment, la satisfaction des bénéficiaires s’arrête à la beauté extérieure des bâtiments. Certes, ce n’est pas mal d’avoir des bâtiments en dur au village, mais que faire des salles vides, nues, sans placards, ni tables bancs ? Ces salles de classe que le Ministère de l’Education Nationale (MINEDUC) attribue aux fonds PPTE, ont un prix. 8,5 millions de francs, c’est le coût de construction d’une salle de 9 mètres fois 7 mètres plus une véranda, salle nue bien sûr. « Nous n’avons même pas là où déposer nos affaires », déclare un enseignant. Quant au Directeur, n’attendez pas qu’il vous reçoive dans un bureau, puisqu’il n’en a pas et dans la planification des nouveaux bâtiments, rien de pareil n’a été prévu. Pour recevoir ses collaborateurs, il doit attendre la sortie des élèves afin d’occuper une salle, où à défaut, se débrouiller dans les couloirs. Pour résoudre le problème des tables bancs, les responsables de l’école ont dû déporter les bancs d’autres salles pour équiper les nouvelles,même si au finish,les élèves se retrouvent entassés à 4 ou plus sur des tables prévues pour 3 élèves. La commues de la localité est venue en aide en leur apportant quelques autres tables bancs pour permettre l’utilisation des nouvelles salles.

Vide à l’intérieur
Ces salles construites en 2001 sont, selon l’entendement des bénéficiaires, un don gracieux du MINEDUC. Enseignant, parents et élèves, tous ignorent le fait que ces ouvrages ont été bâtis sur le fond PPTE. En dehors de quelques enseignants, nul ne sait d’ailleurs ce que c’est que les fonds PPTE. Au de la de la nudité de ses bâtiments, l’EP de Nkol-Ondoa-Ngouna a un autre dossier non moins délicat à gérer. Une partie du nouveau bâtiment, le joyau de l’école, a empiété, sur le terrain d’autrui situé devant le site de l’école. L’intéressé demande réparation. « Il exige qu’on le dédommage », confie un enseignant. L’APE et la Délégation départementale de l’Education de la Lekié saisies du dossier, ont promis de le prendre en main et de désintéresser le propriétaire terrien.
Ce problème ne met-il pas en exergue le défaut de suivi des projets PPTE par les bénéficiaires et les riverains, tel que prévu dans le manuel de procédures élaboré par le Comité consultatif et de suivi des fonds PPTE ? Le fait que tous les villageois ne maîtrisent pas l’origine et la paternité des infrastructures est encore une preuve que le suivi souhaité est resté un vœu pieux.
Puisque s’en est ainsi, tous les écarts sont permis. A l’école publique d’Endama Chefferie (non loin d’Elig-Mfomo), le joyau de deux salles de classe livrées en 2001 suinte déjà. En période de pluies, les élèves d’une des deux salles reçoivent constamment de l’eau pendant les cours. Les enseignants font avec. On va faire comment ?

Ça suinte
Ce bloc de deux salles qui aura coûté 17 millions de nos francs, a une dangereuse vitesse d’amortissement. A qui la faute? Selon un responsable de l’Education Nationale, seul le Ministère des travaux publics qui dispose des ingénieurs qualifiés, peut mieux vérifier la qualité technique des ouvrages construits car, l’Education n’a pas d’ingénieurs en son sein. Faux, rétorque un autre fonctionnaire. En effet, bon nombre d’ingénieurs et pas des moindres, travaillent sous tutelle du MINEDUC. En attendant qu’ils s’appliquent aux vérifications des ouvrages (encore que tous ont déjà été réceptionnés), les enfants d’Endama Chefferie luttent contre la pluie. Autant qu’ils peuvent, ils essayent de colmater les brèches. Ont-ils le choix ?

MPV
La Voix du Paysan Novembre 2003

 
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